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LES GAMBIER   29 juin - 7 août 2008    (Patrick)

11 h, mardi 13 mai, ça fait 26 jours que nous avons quitté les Galápagos. Terre ! Terre ! Toute la tribu sort du carré et rapplique dans le cockpit. Ça y est, on aperçoit l’archipel des Gambier (sans s, sous entendu les îles de l’archipel Gambier), ou plutôt le petit atoll de Temoe, qui est situé à une vingtaine de miles de notre destination finale, et qui en fait partie administrativement. Depuis ce matin, on voit plus d’oiseaux et il y a un je ne sais quoi dans l’air de changé. A moins que ce ne soit tout simplement le dieu GPS qui, en nous montrant sur notre carte électronique que nous sommes bientôt arrivés, nous fait nous imaginer des choses. Oui, c’est plutôt ça. Ça manque un peu de poésie et d’aventure mais bon, il est bien fini le temps des grands navigateurs et explorateurs qui se sont aventurés ici il y a quelques centaines d’années et qui ne pouvaient compter que sur leur sens marin pour naviguer. Mais, il faut vivre avec son temps. Et puis c’est un fait qu’il y a beaucoup plus d’oiseaux qu’hier et qu’on aurait su se douter qu’on approchait d’un bout de terre même si notre maître adoré à tous, le Global Positioning System, était en panne (que Dieu nous préserve de cette éventualité quand même !).

Si le vent tient, on devrait donc arriver aux Gambier aujourd’hui. Et le vent fait plus que tenir en fait, puisque petit à petit, il se renforce costaud, et nous pousse à fond la caisse vers la passe Sud-Est, la passe par laquelle nous avons décidé de rentrer dans le lagon. Eole nous fait la bonté de se réveiller pour notre atterrissage, c’est un peu tard, ça fait 15 jours qu’on l’attend, mais c’est déjà ça.

Première navigation dans un lagon
On pénètre dans le lagon vers 15 h. Un lagon, c’est un espace de mer fermé plus ou moins circulaire, protégé de toutes les directions par un récif affleurant, ou au pire immergé sous peu d’eau, sur lequel flottent des motus, de petits îlots très étroits (rarement plus de 200 m de large) qui poussent sur la barrière de corail. La taille des motus peut être très variable, de la petite île carte postale avec un seul palmier à l’île de plusieurs km de long. Pour pénétrer à l’intérieur d’un lagon, on emprunte en général une passe, c’est-à-dire une sorte de passage (qui porte bien son nom) entre l’océan à la mer intérieure que représente le lagon. J’ai lu tant de choses plus impressionnantes les unes que les autres au sujet de ces fameuses passes que je pétoche un peu et que je demande à Pascale, en bon marin père de famille que je suis, de se porter à l’avant pour surveiller les patates de corail. En fait elle n’en verra pas, la passe est très facile. Ce n’en est d’ailleurs pas vraiment une,  à vrai dire. En tout cas,  pas au sens de celles que nous traverserons

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